vendredi 21 mars 2014

J'ai un problème.

Je n'arrive plus à écrire.
J'ai trois projets sur le feu : un roman qui se révèle trop loufoque et sans vrai fond (ha tiens ça se voit donc quand je ne sais pas où je vais ?), un autre qui prend très doucement forme et que je laisse de côté tellement l'idée de rendre le tout cohérent me fatigue (pour l'instant seul son titre me convient, c'est peu) (peu mais en même temps c'est ce titre qui fait que je ne mets pas ce truc à la poubelle), un autre qu'il faudrait que je reprenne mais euh mmh mmh comment ?
Voilà où j'en suis : au point mort.
Quand j'ai commencé l'écriture du Préau des z'héros, j'y allais comme ça, enfin c'est Benjamin qui me soufflait tout, c'était relativement simple, je l'écoutais puis j'écrivais. Sans autre but que de raconter son histoire, sans édition en arrière pensée.
Et puis l'histoire a été publiée.
Et je me suis dit "wahouuu j'écris des romans moi ?! la classe"
C'est à ce moment, prise dans une fièvre créatrice et narcissique, que j'ai lancé ces trois projets, sûre de mon coup. Avec cette fois, l'envie de publication et, j'avoue, la certitude d'y arriver (haaaaaa... mais ne serait-ce pas ça le problème ?) (ça a du bon de s'allonger sur un divan virtuel).
Seulement, depuis l'été 2012 (oh déjà ?!), l'écriture est laborieuse, lente, molle. Je prends des carnets puis mon clavier, je vais dans les cafés ou je reste à ma table, rien n'y fait, la sauce ne prend pas.
Le préau a, en plus, de bons retours, est sélectionné pour quelques prix... j'en suis évidemment surprise et ravie, mais je ne peux m'empêcher de penser que tout ce que j'avais à dire était dans ce bouquin. Que je n'écris pas des romans, que j'ai écrit un roman. Que j'ai eu de la chance comme c'est pas permis mais que là la vérité va éclater. Et ben qu'elle s'éclate donc, et à fond. Après tout, ce n'est jamais qu'une petite explosion de mouche, qui s'en soucie, à part moi ?

Et les albums ? C'est pareil. Point mort. Mon écriture qui se veut drôle et ironique et mordante me saoule (c'est pas l'heure de l'apéro d'ailleurs ?), elle tourne en rond. Du coup j'ai écrit une histoire sur la mort (brrrr). Vous voulez laisser les enfants en larmes après la lecture de votre histoire ?!! Bon, j'ai peut-être tué mon vieux crapaud (terriblement attachant en plus le bougre) un peu trop abruptement.
Il faudrait que je dose (et pas seulement le vin). Ha bah oui tiens, je note.

alalalala et alors ? Oui et alors ?? Rien de grave, mais j'avais envie de me morfondre ici.


7 commentaires:

Aurélie Desfour a dit…

"Kill your darlings" disait Faulkner : supprimer tout ce qui te paraît "trop toi" : trop vouloir faire un effet, trop vouloir épater par des tour de passe passe rhétoriques. Si tu arrives déjà à le percevoir c'est un grand pas !

"Tout premier jet est de la merde" disait Hemingway : tant pis si ça sonne faux, il faut avancer et tu pourras retravailler les intentions lors de la réécriture.

Moi je crois que tu as justement tout compris, tu sais que ce sont les personnages qui ont des choses à te dire, il te faut juste apprendre à connaître les petits nouveaux.

Le préau c'est génial et c'est tout sauf de la chance !

:)

Une lectrice qui attend de pied ferme ton prochain roman !

Gwendoulash a dit…

ha ben Aurélie a tout dit déjà…
mais c'est bon de se morfondre un peu et une fois fait ça va redémarrer sur des chapeaux de roue
et puis si je ne m'abuse un "truc" a beaucoup occupé ton esprit ces derniers mois, non ?
faut le temps de s'y faire quand même

Sardine a dit…

Tout comme Aurélie et Gwen !!!
Respire. Ça va aller.

T'as déjà accouché, non ? Bon alors, t'as fait le plus dur. Le reste, à côté, c'est de la gnognote !!!
;-)

catherine Latteux a dit…

Estelle on bloque tous et toutes à un moment ou un autre, plus ou moins longtemps. Ouvre la parenthèse ...oxygène-toi autrement et tu verras cela reviendra. Surtout ne remets pas en question ton écriture.
Tu as pris du plaisir à écrire c'est juste ce plaisir ce plaisir qu'il te faut retrouver. Parfois même si on tient à un titre, il faut savoir la mettre de côté pour mieux y revenir ou pas. D'autres écrits prendront peut-être d'ailleurs le dessus durant un temps. Allez zou de l'avant.

Anne Loyer a dit…

Ouiiiii tout pareil que celles d'avant ! Faut laisser maturer et surtout pas chercher à... juste à prendre son pied. Donc le pied est peut-être juste un peu en l'air mais quand il va atterrir ça va dépoter ! L'avoir fait une fois c'est forcément la preuve que c'est pas du hasard et que ça va revenir. Faut juste capturer le bon moment et laisser venir, laisser venir sans rater le coche ! let's go !

Anaïs a dit…

Merci d'avoir écrit ça.
Parce que le surplace dans la tête j'ai tendance à croire que ça n'arrive qu'à moi!

Anne a dit…

Ah oui, moi aussi, je connais ça, cette sensation de surplace et d'être fatiguée par moi même en écrivant mes textes. Hier, je viens d'en mettre un de côté qui me prenait le chou depuis des semaines. ça va beaucoup mieux aujourd'hui.